Œuvres de références

 

L'étoffe des héros: (Folio) 

WOLFE Tom. L’Étoffe des héros. Paris : Gallimard, 2006, 523p. (Folio)

Mots clés : Projet Mercury, Astronaute, Conquête spatiale, Pilote, Courage

Résumé : L'Étoffe des héros raconte l’épopée des sept astronautes du « projet Mercury » sur fond de guerre froide et de course à l'espace. Ces héros ont « l’étoffe » c’est-à-dire le cran, l’expérience et le sang-froid nécessaires. Ce sont aussi les as de l’aviation américaine mis au rang de rat de laboratoire et missionnés sur un vol déjà accomplis par « Ham » le chimpanzé !... C’est enfin l'épouse qui craint la visite d’un officier lui apprenant que son mari "n'est plus à présent, qu'une carcasse carbonisée dont les ailes et les pilons pointent le ciel"

Mon avis : Loin de tout stéréotypes, Wolfe fait vivre ces héros comme des êtres de chair et de sang, montrant leurs forces et leurs faiblesses. Loin du mythe, il donne, avec son ironie bienveillante habituelle, une vision sincère de ceux qui ont « l’étoffe ». Chef d’œuvre de la non fiction.

 

Personne ne gagne Jack Black Monsieur Toussaint Louverture

BLACK Jack. Personne ne gagne. Paris : Monsieur Toussaint Louverture, 2017, 470p. (Les grands animaux)

Mots clés : Hobos, Voleur, Opium, Yegg, liberté

Résumé : Jack Black c’est Thomas Callaghan racontant sa propre vie de « hobos » perceur de coffres dans l’ouest américain. Parfois derrière les barreaux, toujours en cavale, le livre décrit une existence affranchie des conventions au tournant du XXe siècle.

Mon avis : témoignage exceptionnel d’un condamné à 25 ans de pénitencier devenu journaliste sur les conditions de détention au États-Unis. Formidable conteur, Jack joue avec son passé afin de nous remettre sur le droit chemin !

 

 

 Les Enfants du Bronx

LEBLANC Adrian Nicole. Les enfants du Bronx : Dans l’intimité d’une famille portoricaine. Paris : Éditions de l’Olivier, 2015, 544p. (Replay)

Mots Clés : Drogue, ghetto portoricain, amours adolescentes, violences, Bronx

Résumé : Adrian Nicole Leblanc n’a que 25 ans lorsque son journal l’envoie couvrir le procès de « Boy George », un jeune trafiquant d’héroïne portoricain du Bronx. Pour mieux le comprendre, elle s’immerge dans le ghetto où vit sa famille. Son enquête durera douze ans et décrit au jour le jour la vie de cette famille qui a adopté la journaliste comme une des leurs. Adrian Nicole Leblanc raconte tout : la drogue, l’argent, la misère, les amours adolescentes, les mariages, la violence, les enfants nés trop tôt. dans cet extraordinaire reportage semblable à un roman où tout serait vrai.

Mon avis : Extraordinaire reportage écrit comme un roman où tout serait vrai. « Certains livres vous marquent de façon si intime, si puissante, qu’on voudrait voir le monde entier s’émerveiller tout en rêvant de les garder encore un peu pour soi tout seul. (…) En tout cas, vous qui n’avez pas encore commencé ce livre, vous avez beaucoup de chance : vous ne le savez pas encore, mais vous venez de gagner une deuxième vie. » Florence Aubenas

 

 L'Inconnu de la poste

AUBENAS Florence. L’inconnu de la poste. Paris : Éditions de l’Olivier, 2021, 236p.

Mots clés : Investigation, coupable, disparition, crime, énigme

Résumé : Le récit de Florence Aubenas s’enracine dans un tragique fait divers de 2008 : l'assassinat d'une postière d'un village de l'Ain, pour lequel l'acteur Gérald Thomassin (césarisé à seize ans en 1991 pour son rôle dans « Le Petit Criminel » de Jacques Doillon) fut longtemps considéré comme suspect numéro un.

Mon avis : Une enquête fouillée et sensible, modèle d'un nouveau journalisme littéraire à la française.

 

 

 

BLY Nellie. Dix jours dans un asile. Paris : Éditions du Sous-sol, 2015, 124p. (Feuilleton non-fiction)

Mots clés : Psychiatrie, internement, asile, folie, témoignage

Résumé : Engagée en 1887 au journal New World, Nellie Bly se voit confier une mission pour la moins singulière : se faire passer pour folle et intégrer un asile, le Blackwell's Island Hospital sur Roosevelt Island à New York. Ce livre est le témoignage de ses dix jours dans l'établissement. Elle mettra en lumière les conditions moyenâgeuses d'internement des patientes (nourriture avariée, eau souillée, bâtiments infestés) et les méthodes dégradantes du personnel.

Mon avis : L'oeuvre de Nellie Bly, marque la naissance du journalisme dit "infiltré". Si la structure manque de cohérence, l’ouvrage demeure une référence dans la dénonciation du traitement des internés aux États-Unis. Suite à sa publication, les fonds alloués aux hôpitaux psychiatriques furent augmentés d’un million de dollars.

 

Image de couverture de Chez les fous

LONDRES Albert. Chez les fous. Paris : Arléa,

Mon avis : Londres se lance dans ce sujet au mépris des difficultés. Son témoignage est implacable, écrit dans son style très personnel, à la plume d’acier affuté mais avec toujours un seul objectif : la vérité. 

 

 

La Petite Communiste qui ne souriait jamais

LAFON Lola. La Petite Communiste qui ne souriait jamais. Arles : Actes Sud, , 272p.

Mots clés : Gymnaste, communisme, Est, Roumanie, Nadia Comaneci

Résumé : Le livre retrace le parcours de Nadia Comaneci qui, dans la Roumanie des années 1980 et sous les yeux émerveillés de la planète entière, vint faire oublier les guerres froides et tomber les records. Ce roman est le portrait d'une enfant, puis d'une femme, idéalisée par la pureté de ses gestes et une existence intégralement dévolue à la recherche de la perfection. C’est aussi l’histoire d’une jeune fille face à ses juges : sportifs, politiques, médiatiques, désirée et manipulée.

 Mon avis : C’est la une d’un quotidien français, commentant Nadia Comaneci aux J. O. de Moscou, qui a décidé Lola LAFON à écrire ce roman : « La petite fille s’est muée en femme, verdict : la magie est tombée ». C’est Nadia, devenu femme, qu’elle fait témoigner ici. Construction et écriture admirables.

 

 

 

 La petite femelle par Jaenada

JAENADA Philippe. La Petite Femelle. Paris : Julliard, 2015, 720p.

Mots clés : Seconde guerre mondiale, occupation, crime passionnel, Justice, Médias

Résumé : La vie de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant en 1953. Beauté ravageuse dont la France entière va réclamer la tête. La presse la décrit comme une arriviste froide et calculatrice, un monstre capable d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille. Le comble étant qu’elle ait en plus osé, pendant la guerre, coucher avec un Allemand… L’enquête minutieuse, que mène Jaenada, dévoile une jeune fille libre qui revendique avant l'heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société.

Mon avis : Jaenada est à son meilleur niveau pour écouter cette jeune femme que les soubresauts de l'Histoire ont pourtant broyée sans pitié. Il mène une enquête aboutie, va chercher dans tous les recoins du dossier ce qui pourrait aider à comprendre et rendre justice à Pauline Dubuisson. Un récit palpitant de bout en bout agrémenté des touches d’humour et d’autodérision chères à l’auteur.

 

 

 Chien blanc par Romain Gary

GARY Romain. Chien Blanc. Paris : Gallimard, 1972, 223p. (Folio)

Mots clés : Racisme, Ségrégation, Black Panther, Noirs Américains, Droits civiques

Résumé : Batka, un grand berger allemand, fait irruption dans la vie de l'auteur et de sa femme, la célèbre actrice Jean Seberg. Il se révèle être un Chien blanc, c'est-à-dire un chien élevé dans un des États du Sud et dressé à attaquer spécifiquement les Noirs. Ne pouvant se résoudre à le faire abattre et à s'en séparer, Romain Gary décide avec l'aide d'un Noir, Keys de rééduquer le chien. En grande partie inspiré de la vie de Romain Gary à la fin des années 1960, ce livre est l'occasion pour l'auteur de dénoncer tous les racismes et toutes les hypocrisies (notamment dans le milieu du cinéma) qui ont parfois des raisons bien peu désintéressées de s'associer à la lutte pour la déségrégation. En toile de fond il y a la guerre du Viêt Nam et mai 68 à Paris.

Mon avis : Romain Gary dévoile un profond humanisme et nous livre un vibrant plaidoyer contre la bêtise. Toutes les questions raciales de l’époque sont abordées avec en germe, peut-être, la fin tragique de Jean Seberg…

 

 

La Peste

CAMUS Albert. La Peste. Paris : Gallimard, 1972, 313p. (Folio)

Mots clés : épidémie, fléau, nazisme, condition humaine, existence

Résumé : L’intrigue du roman présente l’histoire d’une épidémie de peste qui sévit sur la ville d’Oran dans les années 1940. Des rats viennent mourir au grand jour ; ils portent le bacille de la peste. L’épidémie se répand dans la ville qu’il faut fermer. Le Docteur Rieux lutte de toutes ses forces contre le mal, refuse toute justification métaphysique à cette calamité, contrairement au père Paneloux, qui voit dans la peste une malédiction divine, une punition des péchés humains.

Mon avis : Choix atypique pour un blog de non-fiction littéraire. Camus a en effet voulu un roman métaphorique dans lequel la peste symbolise le fléau du malheur sous toutes ses formes, y compris celle de la guerre. Mais j’ai eu l’occasion d’étudier cet œuvre en janvier 2020 juste avant que l’on commence à parler de pandémie. La Peste semblait alors (re)prendre sa dimension de non-fiction.

Pour défendre mon choix, je recopie ci-après les mots d’une étonnante actualité écrits par l’Académicien Edmond Jaloux dans la revue Psyché en 1947 :

                « Beaucoup ont vu dans cette analyse et cette description d’une épidémie, l’analyse et la description de l’Occupation allemande. Ce n’est pas ainsi, à nos yeux, qu’il faut juger La Peste. Il s’agit bien dans son roman de la peste bubonique et de ses ravages. Mais l’Occupation a permis à M. Albert Camus d’étudier de près tous les phénomènes et toutes les conséquences, que le retranchement du reste de l’humanité, l’angoisse de la mort toujours présente et la méfiance mutuelle entretenue, et par ce retranchement, et par cette angoisse, ont causé pour une masse énorme d’hommes.

                Seulement, il a élargi le débat, il lui a donné une portée plus générale, et se servant d’un drame historique, qui a eu lieu dans des conditions données et relatives à une certaine époque, -la nôtre- il a conçu une tragédie invariable et toujours possible, sous la forme de l’épidémie. »

JALOUX Edmond, dans Psyché, 1947. In : CAMUS Albert, Œuvres. Paris : Gallimard, 2013, p. 687-688. (Quarto)

 

 

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